Un nouvel instrument à vent

Les ensembles de musique populaire d'Europe Centrale et du Sud interprètent souvent, à leurs manière, des succès classiques. On sait moins qu'un instrument traditionnel tel que le taragot (ou, pour les Hongrois, "tárogató") a été utilisé dans les orchestres symphoniques pour jouer du... Wagner. Un article de 1904.

(Matériel recueilli par Alain Chotil-Fani)

Un nouvel instrument à vent

 

On parle beaucoup en ce moment d'un instrument à vent hongrois appelé « Tárogató », qui, sur l'initiative de M. Hans Richter, a été apporté de Budapest à Bayreuth au mois d'août dernier par le fabricant, M. V. Joseph Schunda. M. Richter a déclaré qu'à Londres, au printemps dernier, dans les exécutions qu'il a dirigées de Tristan et Iseult, il a employé, avec grand succès, le Tárogató pour l'interprétation de la « mélodie gaie ». Le professeur Ign. Henri Hiekisch, du Conservatoire national de Budapest, a fait entendre la « mélodie gaie » sur le Tárogató, et tous les assistants, parmi lesquels se trouvaient plusieurs chefs d'orchestre, ont été d'avis que, de tous les instruments employés jusqu'ici, celui-ci donnait le résultat le plus parfait. Sur la recommandation de M. Richter, l'Opéra de Paris et le théâtre de la Monnaie de Bruxelles se sont fait soumettre ce nouvel instrument. On sait que le thème de la « mélodie gaie » est écrit à trois temps, dans un mouvement très vif. Comme il doit se jouer dans la coulisse, la sonorité du cor anglais est trop faible aussi a-t-il fallu le faire exécuter par un autre instrument et la partie du cor anglais est généralement doublée par une trompette.

Guide Musical n°42 du 16 octobre 1904, p. 763

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