Approximativement, on prononce "Dvorjak". En effet la lettre 'ř' possède un accent en forme d'accent circonflexe inversé - que les Tchèques appellent "hacek" - ce qui modifie sa prononciation. Le son "j" étant assez doux, certains se permettent de prononcer "dvorchak".
Antonín Dvořák et le Nouveau Monde : un nouveau livre aux éditions L'Harmattan
"On est impressionné par la collecte d'informations au sujet du séjour du compositeur, chef d'orchestre et pédagogue tchèque sur le continent américain. Elles éclairent judicieusement le contexte de l'écriture de certaines oeuvres, l'atmosphère américaine de l'époque et les états d'esprit (d'âme) d'Antonín Dvořák. Un superbe travail !"
C'est "Antonín", prénom tchèque équivalent de notre Antoine. Le prénom "Anton" est allemand et Dvořák s'est battu tout sa vie pour que ses partitions soient imprimées avec son véritable prénom !
Ce ne fut pas une obligation, mais il est vrai que le compositeur tchèque a longtemps hésité avant d'accepter le poste de Directeur du Conservatoire de New York. Il a d'ailleurs beaucoup souffert du mal du pays. C'est pourtant là-bas qu'il compose se uvres les plus connues : la neuvième symphonie, le 12ème quatuor, le concerto pour violoncelle en si mineur, entre autres.
Excellente question ! C'est toute une histoire. Du vivant de Dvořák, seules les 5 dernières de ses 9 symphonies furent éditées. La toute première avait été égarée - tout le monde, y compris Dvořák, la croyait détruite - et les trois suivantes n'intéressaient pas les éditeurs. Par conséquent, la dernière symphonie du Tchèque s'est vu attribuer pendant très longtemps le numéro "5".
Mais l'histoire n'est pas si simple. L'éditeur berlinois Simrock édite en premier lieu la symphonie n° 6 op. 60 sous le "numéro 1", puis la numéro 7 op. 70 sous le "numéro 2". Devant le succès de ces uvres, il se décide à éditer sous le "numéro 3" une symphonie plus ancienne - et moins réussie - du Tchèque, la cinquième en fa majeur. Dans un but purement commercial, il gonfle aussi le numéro d'opus de cette dernière uvre, qui passe de 24 à 76 ! Ces pratiques douteuses rendirent un mauvais service au compositeur - le public s'interrogeait légitimement sur la régression de la "troisième symphonie" - et à la diffusion de sa musique. Pour finir la série, les deux dernières symphonies - pour nous, les 8ème et 9ème - furent éditées comme "4ème" et "5ème".
Précisons pour finir que Dvořák lui-même croyait fermement que la Symphonie du Nouveau Monde était sa véritable 8ème, persuadé que sa toute première symphonie était détruite. On ne la retrouva qu'en 1923, bien après la mort de Dvořák, et elle devint la véritable 1ère.
La Symphonie du Nouveau Monde porte bien, et définitivement, le numéro 9.
Pour les romantiques, oui, sans doute. Pendant la période classique, les musiciens issus de Bohême ont longtemps irrigué les cours européennes - voir sur ce site les articles consacrés à l'École de Citoliby - et c'est Bedřich Smetana (1824 - 1884) qui fonde véritablement l'école de composition tchèque.
Smetana est connu pour ses poèmes symphoniques (la célèbre Vltava, que les Allemands appellent Moldau, extrait du cycle Má Vlast [Ma Patrie]) et ses opéras - Les Brandebourgeois en Bohême, Dalibor, la Fiancée Vendue, Libuse, Les Deux Veuves... - sont très populaires. Ils symbolisent à merveille l'âme tchèque, pétillante et volontiers patriote - il faut se rappeler que la Bohême était alors sous domination austro-hongroise.
Dvořák est réputé pour sa musique de chambre (le trio Dumky, le quatuor Américain...) et ses symphonies. Pourtant Dvořák se considérait d'abord comme un compositeur d'opéras. De nos jours, ses opéras ont du mal à s'imposer, malgré leurs évidentes qualités. Seul 'Rusalka' semble parvenir enfin à une renommée méritée.