Karel Jaromir Erben (1811-1870) est né dans une famille d'artisans de petite bourgeoisie. La tradition familiale était celle de liseurs et de scribes populaires. Après des études de droit, il trouva un poste subalterne dans la Justice, puis au Musée tchèque de Prague en qualité de secrétaire. Pendant de longues années, il vécut dans l'indigence. Ce n'est qu'en 1851 qu'il obtint tout d'abord un poste d'archiviste à Prague, ensuite un poste de directeur des bureaux auxiliaires à l'Hôtel de Ville.
Son activité de chercheur fut inlassable ; elle avait pour objet l'histoire politique et littéraire, et l'ethnographie tchèque. Erben a subi l'influence des frères Grimm et de leur théorie mythologique. La recherche ethnographique ou folklorique était pour lui un moyen de jeter des bases matérielles pour une exégèse ultérieure du caractère national.
Son recueil de chansons et comptines tchèques (1864) contient 2200 titres, et continue de faire autorité aujourd'hui encore. Il a publié également les Contes tchèques. Lorsque Erben narre un conte populaire il aspire au typique et à la monumentalisation épique : chez lui, un conte n'est autre chose que l'expression même du caractère populaire.
Erben n'a écrit qu'un seul livre de poésie, le Bouquet (1853). Là, son talent dépasse le cadre de la poésie des "échos". Pourtant, dans chaque poème, il ne cesse de partir de l'expérience d'un créateur anonyme, perdu dans le peuple ; cette expérience anonyme est portée par le poète jusqu'au typique afin de refléter la sagesse du peuple, sa façon d'être, sa morale.
Presque tous les poèmes d'Erben rencontrent une fatalité implacable qui ne peut être vaincue que grâce à la solidarité des hommes, à la pureté, à la sincérité de leur comportement social.
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