Le Musée Smetana se trouve à deux pas du Théâtre, au bout d'une jetée sur la Vltava. Le regain d'intérêt récent pour la musique tchèque, et surtout pour les opéras de Janáček, a, paradoxalement, porté préjudice à Smetana. Kundera, avec ses Testaments Trahis, n'est certainement pas étranger à cette injustice.
Le Théâtre National de Prague est un symbole que tous les amoureux de la musique tchèque connaissent. Construit grâce à une souscription populaire, détruit par un incendie quelques semaines avant son inauguration (1881), reconstruit par un élan national sans précédent, il a permis à la Bohême de posséder une scène d'importance internationale.
L'incendie du Théâtre fut-il criminel ? Nombreux sont ceux qui le pensent encore aujourd'hui. Les motifs ne manquent certes pas... Toutefois un simple regard sur la presse de l'époque indique que les incendies de théâtre étaient, hélas, très fréquents. Ils le resteront jusqu'à la généralisation de l'éclairage électrique.
Dans la bruyante et très commune rue Zitna, l'appartement où a vécu Dvořák est décoré aux couleurs des commémorations. Je fais des photos devant des passants étonnés qui lèvent le nez pour comprendre ce qui peut exciter ma curiosité.
À deux pas de là, la Villa Amerika héberge le musée Dvořák. Je m'y rends en vain pour rencontrer la directrice. Je voudrais lui montrer mon travail sur la réception des oeuvres de Dvořák en France. Sans connaître la valeur musicologique de cet article, je suis sûr qu'il apporte des connaissances à ce domaine ; du moins c'est que me fait penser tout ce que j'ai pu vérifier à ce sujet. J'y ai consacré tous mes week-ends pendant plusieurs mois, et j'espérais que cette somme attirerait l'attention des "dvořákologues". Mais je ne réussis pas à entrevoir la directrice et laisse l'article (provisoire) à son adjoint. Je repars déçu et irrité.